Agir pour l'agriculture et les agriculteurs.

La diversité des paysages français est entretenue par nos agriculteurs. Avec passion et courage, dans le respect des territoires et de la nature, ils font vivre l’agriculture indéniable force pour notre économie en matière d’emploi (1,160 millions d’emplois au régime agricole), de balance commerciale (plus de 58 milliards d’euros d’exportations agroalimentaires en 2016).
Les agriculteurs français « mal aimés » ?
Pourtant les agriculteurs ont le sentiment d’être des mal-aimés de notre pays se voyant tour à tour accusés d’être des pollueurs, de n’être pas attentifs au bien-être des animaux, ou de détruire les paysages. « L’agri bashing » comme certains l’ont appelé, est générateur d’incompréhension voire même de détresse. Un récent sondage Odoxa montre pourtant que 85 % des français ont une bonne opinion des agriculteurs.
Face à une évolution des pratiques, les agriculteurs font de gros efforts pour les adapter et les amener vers un respect accru de l’environnement et du bien-être animal. Leurs efforts sont louables et constants, et ça n’est pas seulement en taxant, punissant ou contraignant qu’on parviendra à moderniser les pratiques, mais en accompagnant, conseillant, formant. La formation actuelle des agriculteurs déjà pointue doit d’ailleurs constamment s’adapter pour faire face à ces nouveaux défis.
Faire confiance aux agriculteurs
Un Etat doit faire confiance à ses habitants, à leurs propositions à leur capacité de réfléchir et de proposer des adaptations de la société. Il faut faire confiance à ceux qui travaillent au quotidien, qui sont responsables et qui proposent. Faire confiance aux professionnels c’est aussi comprendre que tous les territoires ne sont pas identiques et que les solutions doivent être adaptées. C’est pourquoi, bien évidemment dans la cadre du respect de la loi Notre, il faut laisser aux collectivités la possibilité d’adapter certaines normes et contraintes aux territoires. Mais l’agriculture doit dans le même temps être au cœur de l’ambition européenne. L’élection qui arrive sera l’occasion de le rappeler avec force
Il me semble également necessaire de « reconnecter » les français avec leur agriculture : cela passera par de la pédagogie, des efforts des exploitants pour ouvrir leurs exploitations, plus de curiosité des citadins qui devraient s’interroger sur les produits qu’ils consomment. Les agriculteurs doivent pouvoir vivre dignement de leur production, avec des prix qui intègrent leurs coûts de production et leur revenu, face à une grande distribution qui doit les rémunérer dignement. La loi Egalim a été un premier pas pour poser le cadre d’une rémunération plus juste pour le producteur au sein des filières.
Priorité à l’amélioration du revenu des agriculteurs.
Le résultat courant moyen avant impôt en 2016 était de 18 300 euros par exploitation et 30% des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois ! La loi Egalim s’est fixée entre autres l’inversion de la construction du prix mais cela ne peut fonctionner qu’à plusieurs conditions :
• Mettre fin à l’oligopole des centrales d’achat (y compris au niveau européen)
• Stabiliser et simplifier les charges pesant sur les agriculteurs, mettre fin aux distorsions de concurrence et aux sur-transpositions ;
• Permettre à l’inversion du prix de reposer sur des indicateurs indiscutables

Par ailleurs, il faut renforcer la souveraineté des agriculteurs, notamment en encourageant le regroupement en organisations de producteurs développant une véritable stratégie d’internationalisation et structurant davantage l’offre.
Agir pour un projet ambitieux en faveur de l’avenir de l’agriculture :

Il manque aujourd’hui un discours et une vision de l’agriculture à 20 ans. Traiter le déficit de compétitivité se fera en associant tous les exploitants ! Il n’existe pas, qu’une seule forme d’agriculture, celle qui porte un signe officiel de qualité ou le bio. N’oublions pas que l’essentiel des volumes de production sont issus de l’agriculture conventionnelle. Les négociations sur le budget de la PAC post-2020 sont à cet égard primordiales.

Produits phytopharmaceutiques : une attente légitime et des contraintes à prendre en compte
Comme le bien-être animal, la sortie des produits phytos est une attente sociétale : les agriculteurs y répondront, comme ils ont répondu aux attentes des consommateurs français depuis toujours, mais ne perdons pas de vue la nécessité d’améliorer leur revenu. La France est, depuis dix ans, le fer de lance d’une modification des pratiques agronomiques et d’une réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques. Ainsi, le glyphosate doit être à terme interdit mais il faut laisser le temps de trouver des produits de substitution ; la solution doit d’ailleurs être européenne. Il faut se mettre au travail dès aujourd’hui pour trouver d’ici trois ans les produits de substitution qui permettront de maintenir les rendements sans risque pour la santé en testant des alternatives, en investissant dans du matériel, ou en adaptant ses cultures sans mettre en péril l’équilibre économique. N’oublions pas que le premier exposé à ces substances est l’agriculteur lui-même en effectuant les traitements.

Entre tradition et modernité, les agriculteurs développent des pratiques raisonnées et nouvelles. Ils doivent être accompagnés, soutenus et encouragés dans leurs efforts. Collectivement, aidons-les !
Tandis que les grandes puissances mondiales continuent d’investir dans leur indépendance alimentaire, l’Union européenne est confrontée à une baisse de son budget due au Brexit et au financement de nouvelles politiques. L’ambition de la future PAC 2021-2027 est en suspens. Pourtant, le soutien au secteur agricole européen est plus que jamais essentiel pour assure la qualité de nos produits alimentaires, répondre aux attentes de citoyens et développer nos territoires ruraux.