démocratie et citoyenneté : la place des corps intermédiaires

Dans la cadre du Grand Débat,les députés du groupe UAI sont intervenus dans l’hémicycle pour apporter leur contribution. En leur nom, j’ai choisi d’interroger la Minsitre de la Justice sur les la place des corps intermédiaires dans l’exercice de la démocratie française.

A qui faites -vous le plus confiance pour vous faire représenter dans la société ?
Sans préjuger de la réponse à l’une des questions du Grand Débat il est permis en effet de s’interroger sur le fonctionnement de notre démocratie représentative. La base de ce fonctionnement doit, selon nous, continuer à reposer sur les élus représentants du peuple. C’est notre histoire et notre ADN politique ! Notre histoire a d’ailleurs évolué entre individualisme dit « moderne » de la loi LE Chapelier et les lois du XXème siècle renforçant par exemple le rôle des syndicats ; « entre institutions et interaction » comme disait Pierre Rosanvallon. L’évolution perdure mais les comportements de nos concitoyens aussi !
Le lien direct entre un Chef et le peuple peut sembler séduisant mais La démocratie moderne doit se prémunir du populisme, et les corps intermédiaires en sont aussi les contre points.
Dès lors, faut-il laisser plus de place aux associations, organisations syndicales ou professionnelles ? Comment mieux associer les citoyens aux décisions ? Et si l’on admet le principe de leur necessaire participation à la démocratie, quelles sont les préalables qui nous les ferons reconnaitre comme représentatives et donc légitimes ?
Laisser plus de place à ces organisations, c’est trouver des moyens pour que leur voix soit écoutée. C’est coconstruire les conditions de leur fonctionnement efficace. Par exemple, il faut réfléchir sur une meilleure présence des représentants de parents au sein des conseils d’ecole, collèges et lycées. La réflexion doit aussi s’étendre vers une parole renforcée des syndicats au sein des entreprises ou des représentants d’usagers dans les services publics. Cette évolution est délicate et doit s’appuyer sur une concertation large pour ne pas casser les équilibres. Pas de décision abrupte mais des discussions au plus près des citoyens pour faire évoluer les modèles !
Dans notre pays, trop peu de salariés sont syndiqués, peu de parents s’engagent dans les associations de parents d’élèves, nombre adhérents d’associations se comportent plus en consommateurs qu’en acteurs et trop peu acceptent de donner de leur temps pour animer et prendre des responsabilités dans les CA . Un citoyen engagé doit être un citoyen écouté et pour être écouté il doit aussi s’engager ! Equilibre précaire et necessaire au fonctionnement apaisé de notre démocratie. Quelles sont les mesures qui pourraient favoriser l’emergence de telles pratiques ?